UMESPE
  


       
 
 
 

 Sommaire

1.Hôpital, une nouvelle réforme « majeure » ?....    

2. Le syndicalisme médical étouffé

 3. Négociations conventionnelles : en panne... 
 
4. Les libéraux aux mains des financiers ?

5. Transfert vers les complémentaires ?.....   


Infos Brèves

  

Les ophtalmos inquiets….

Au cours des états généraux de la vue, le Syndicat National des Ophtalmologistes de France a lancé un cri d’alarme : démographie médicale insuffisante, besoins en augmentation et interventions des opticiens sans consultation médicale ; sans compter le risque de déremboursement des lunettes par la sécurité sociale. Autant de motifs d’inquiétude pour cette spécialité où les délais d’attente sont souvent dénoncés alors que ces praticiens ont une activité déjà très importante ; mais le SNOF souligne que les urgences vraies sont prises dans les délais raisonnables.

 

Coopération interprofessionnelle en marche ? 

C’est la position de la Haute Autorité de Santé qui recommande de favoriser la coopération interprofessionnelle, à la suite d’une série d’expérimentations. L’évaluation serait favorable et appréciée des patients ; un sujet où il faut avancer avec grande prudence si l’on veut garantir une bonne prise en charge à la population.

 

On traque la fraude ! 

C’est la volonté du Ministre du Budget qui met en place un comité de lutte contre la fraude pour faire tomber les frontières administratives et faciliter les croisements de fichiers. Quand on connaît les fraudes à la Sécurité Sociale, il y a là une mine…..

Violence en hausse.

D’après l’étude du Conseil de l’Ordre, les violences contre les médecins se multiplient et ont presque doublé par rapport à 2004. Irrespect, agressions verbales, avec trois fois sur dix vols et agressions physiques dans 13 % des affaires. Ces violences surviennent aussi bien chez les généralistes que chez les spécialistes, dans les différents secteurs d’activité.

Quelques chiffres : 

Au 31 décembre 2007, 1,16 million de foyers perçoit le RMI. Chiffre en baisse de 8 % sur l’année 2007.

 
 
N°10 - 28 avril 08
 
   
   Le mot du Président :  : Le danger de l’étatisation 
À travers la réforme inéluctable des ARS, il est important d’éviter une véritable étatisation de la médecine libérale. L’évolution démographique des médecins spécialistes et la nécessité de mieux organiser l’hôpital public sont des évidences que nous partageons et qui doivent favoriser une véritable coopération public-privé. Cette coopération doit conduire également vers une convergence des tarifs, les missions d’intérêt général doivent être valorisées à leur juste prix et réparties proportionnellement entre les établissements de soins publics et privés. Par contre, nous sommes extrêmement inquiets vers une main mise, à travers les ARS, de la Direction des Hôpitaux face à la gestion du risque par l’Assurance Maladie. La réforme de 2004 a rétabli un dialogue entre l’UNCAM et les praticiens. Ceci n’a jamais été le cas avec la DHOS qui ne reconnaît que le secteur public. Les nombreuses contraintes administratives imposées au cours des vingt dernières années désespèrent les soignants quel que soit le secteur d’exercice par leur manque de pertinence et d’efficience vis-à-vis de la qualité des soins à laquelle nous sommes attachés. L’INCa est un autre exemple de risque d’étatisation de la médecine libérale. Les réunions de concertations cliniques existaient avant la mise en place de l’INCa. Il est hors de question de créer des structures obligeant ces concertations à se dérouler dans des lieux uniques, si possible, gérées par des confrères hospitalo-universitaires ou représentants des centres anti-cancéreux. Une majorité des patients présentant une pathologie liée au cancer est traitée avec efficacité par des praticiens libéraux, il faut défendre la démarche qualité et non pas la mise en place de structures purement administratives, onéreuses et peu efficientes, selon la tendance actuelle de l’INCa. En résumé, DHOS, agences publiques… : danger d’étatisation à travers les ARS.

Dr. J-F. REY

    1. Hôpital, une nouvelle réforme « majeure » ?....
C’est en tout cas la volonté du Président de la République s’appuyant sur le rapport Larcher. Regroupement d’hôpitaux autour de communautés hospitalières de territoire, modification de la gouvernance des hôpitaux avec renforcement des pouvoirs du directeur, possibilité de rémunérations basées sur le paiement à l’acte pour les praticiens hospitaliers, autant de pistes qui ont alimenté le rapport Larcher et qui ont été reprises par Nicolas Sarkozy.
Pour l’hospitalisation privée, la promesse de la prise en compte des missions de service public : à quand la reconnaissance financière des gardes et astreintes en clinique ? Des fonctions transversales ? Et la proposition de contrat tripartite entre l’ARS, le Directeur de la Clinique et le Président de la CME. Ceci passera par le renforcement réglementaire de la CME, sous peine d’aller vers des contrats individuels que nous rejetons. Malgré sa nécessité impérieuse, rien sur la participation de l’hôpital à la maîtrise des dépenses… Bien sûr il faudra suivre attentivement l’évolution de ces réformes pour s’assurer que la médecine de ville et l’hospitalisation privée ne sont pas encore une fois les défavorisées du système….
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    2. Le syndicalisme médical étouffé :
A la suite d’une plainte d’une association « Familles Rurales », auprès du Conseil de la Concurrence, le syndicalisme médical vient d’être très lourdement pénalisé pour avoir appelé à une utilisation beaucoup plus large du DE dans les années 2002 à 2005.
Au-delà des arguments juridiques (pas d’entente sur les tarifs, mais utilisation d’une possibilité conventionnelle) cette condamnation du Conseil de la Concurrence s’apparente bien à une volonté de tuer le syndicalisme médical : 814 000 euros au total sont à payer. L’UMESPE a été condamnée à 150 000 euros d’amende, à régler dans le mois, et l’appel à cette décision ne dispense pas du paiement !..... De même, le Syndicat des Pédiatres, a été lourdement condamné ainsi que la CSMF, cette dernière pour 220 000 euros !
C’est pourquoi un appel national à cotisation syndicale est lancé, et une souscription nationale est en cours. La liberté syndicale et la liberté d’expression ont un prix très lourd à payer  même dans notre pays: chacun d’entre nous doit en être le garant et donc le soutien…..   
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 3. Négociations conventionnelles : en panne...        
Les Etats Généraux d’Organisation de la Santé se sont terminés, et comme prévu, n’ont rien amené. Les médecins spécialistes de premier recours ont finalement pu être un peu entendus mais tout ceci débouchera sur bien peu de choses…. Les négociations conventionnelles ont tenté de reprendre. Tentative puisque, très curieusement, la délégation de MG France, maintenant signataire de la convention (elle serait devenue soudain « signable ») comportait des médecins spécialistes (gynécologues et chirurgiens !...) ; on ne comprend plus rien aux positions syndicales de certains…. De même la FMF est tantôt dedans, tantôt dehors de la convention.
L’UMESPE préfère continuer à défendre les différentes spécialités et à obtenir des aménagements certes insuffisants mais toujours plus favorables que l’absence totale... Et la revalorisation prioritaire des spécialités cliniques, la mise en place de la CCAM clinique, et un secteur optionnel pour tous sont les axes prioritaires réclamés par l’UMESPE et la CSMF.    retour au sommaire

 
 
  
  
 4. Les libéraux aux mains des financiers ?     
Les sociétés d’exercice libéral seraient plus largement ouvertes à des capitaux non professionnels. Cette menace vient des directives européennes, auquel l’état français doit s’opposer fortement. Sinon, les milieux financiers, comme les fonds d’investissement, pourront devenir détenteurs d’outils professionnels : laboratoires d’analyses médicales, centres d’imageries, et au-delà…. Les médecins biologistes s’élèvent fortement contre ce danger, rejoints par l’ensemble des ordres professionnels (médecins, pharmaciens, sages femmes, kinés et chirurgiens dentistes). La France a demandé à la commission européenne un délai supplémentaire mais envisage d’aménager les contraintes actuelles. Après l’exception culturelle, pourquoi ne pas plaider l’exception de la santé libérale ?....
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 5. Transfert vers les complémentaires ?.....
  Voilà une des pistes pour améliorer les comptes de la Sécurité Sociale. Bien sûr, ceci risque d’entraîner une augmentation des tarifs des assurances complémentaires. Mais une polémique s’installe autour des marges des assureurs complémentaires : le chiffre d’affaires est de 27,4 milliards annuels et les cotisations ont augmenté de 13 % plus vite que les prestations : les assureurs complémentaires ont reconstitué leurs marges (ou leurs réserves…). De là à pouvoir intervenir sur des secteurs mal pris en charge : l’optique, le dentaire, certains médicaments, ainsi que les dépassements des secteurs optionnels, voilà qui a de quoi inquiéter ce secteur…..
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