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         N°21 - 03 septembre 08 Flash Info
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Le mot du Président :  De bonnes intentions vers une nationalisation
 
Nous avions été intéressés, et même remplis d’espoirs, par la rencontre avec le Président Nicolas Sarkozy sur ses intentions de réformer notre système de soins en conservant ses spécificités : une médecine libérale forte, d’accentuer une complémentarité ville-hôpital, de redonner de l’efficience médico-économique au tissu hospitalier et de répondre à deux préoccupations de nos concitoyens et des parlementaires ; la répartition démographique des médecins et l’accessibilité aux soins à travers la problématique des dépassements. À partir de ces nobles intentions, le premier résultat que nous voyons à travers un texte que l’on dit non définitif est une véritable étatisation de notre système de soins, réduisant l’Assurance Maladie au rôle de payeur et de gestion du risque, donnant aux technocrates de la DHOS un outil de contrôle puissant où la régionalisation peut conduire, notamment pour les médecins libéraux en l’absence de concertation nationale, vers un véritable conventionnement sélectif non plus  avec les caisses d’Assurance Maladie mais avec l’Etat à travers les ARS. Il faut que nous intervenions  avec votre aide, auprès des parlementaires, pour qu’un gouvernement de droite ne mette pas en place une organisation des soins étatisée dont même Ségolène Royal n’avait pas rêvé.

 Dr. J-F. REY 
 

 Sommaire


1.
Projet de loi de réforme : très vives inquiétudes….

 2. Le vrai film des négociations conventionnelles de l’été…

 3.  Dépassements d’honoraires toujours au pilori. 
 
4.  La sécu à l’économie

5. Les cliniques en meilleure forme !.....   
  

Infos brèves



1 – Relations fondamentales entre généralistes et spécialistes.

C’est la conclusion de l’enquête qui étudie le mode de fonctionnement des médecins généralistes : le choix du spécialiste auquel ils adressent se fait principalement en fonction de l’habitude de travailler avec ce confrère et la certitude qu’il les tiendra informés ; dans 80 % des cas, ce sont des spécialistes libéraux. Voilà la reconnaissance de la qualité et de l’efficience de la médecine spécialisée de ville. 40 % des généralistes estiment que le parcours de soins a amélioré le partage des rôles. Reste à revaloriser les spécialités cliniques pénalisées par le parcours de soins…..

 

2 – La chirurgie en danger

C’est le cri d’alarme poussé par les Présidents du Syndicat des Chirurgiens Orthopédistes et des Chirurgiens Viscéraux. Dans un article du Figaro, ils dénoncent le manque d’attractivité de leurs spécialités. Malheureusement, ce n’est pas la seule spécialité délaissée….

 

3 – Crise du secteur privé à l’hôpital

A la suite d’un décret majorant fortement les taux de redevance, les médecins hospitaliers faisant du secteur privé ont décidé une grève de transmission des informations, ce qui bloque la facturation. Quelle que soit l’opinion que l’on peut avoir sur le secteur privé à l’hôpital, il ne faudrait pas que cette augmentation brutale de leurs redevances n’inspire quelque Directeur de clinique, sous peine d’une crise majeure !....

 

4 – Revenus des médecins : du mieux….

Bien sûr ce sont des données statistiques mais : après une baisse de 0,5 % en 2005, les revenus ont augmenté de 2 % en 2006, grâce à la CCAM. Les prix ont progressé de 2,9 % en 2006 alors que l’activité individuelle est stable. Ceux qui progressent le plus sont les anesthésistes, suivis des ophtalmologues et des chirurgiens. Les pédiatres (+3,5 %) sont passés devant les généralistes alors que les dermatologues ont vu diminuer leurs revenus  (-0,6 %). L’ensemble des spécialistes a gagné 3 % en euros constants…
 1. Projet de loi de réforme : très vives inquiétudes….   

Les contours du projet de loi « patients, santé et territoires » viennent d’être dévoilés avant sa présentation très prochaine au conseil des Ministres puis au Parlement. Cette réforme en profondeur est caractérisée par l’étatisation de tout le système de santé, qui sera demain géré par l’Etat et ses technocrates. Les futures Agences Régionales de Santé couvriront l’hospitalisation, la médecine de ville et le médico-social. Dirigées par un Préfet, elles élaboreront un schéma régional d’organisation sanitaire qui inclura la médecine de ville !.... La liberté d’installation passe sous contrôle du super Préfet Directeur de l’ARS ! Et si l’établissement de santé privé est le seul offreur de soins dans le territoire de santé, obligation des tarifs opposables ! Ou comment limiter le secteur 2…. en partant du terrain. Les ARS, toutes puissantes, organiseront la permanence des soins y compris en ville, et pourront faire des contrats individuels avec les médecins.

Et voila comment un système conventionnel négocié, certes souvent dans des conditions difficiles, mais caractérisé par la performance et l’efficience, va devenir un système bureaucratisé qui risque de devenir coûteux et peu performant. A moins que nos députés se ressaisissent, et amendent ce projet de loi, les médecins devront certainement faire pression pour garder leur caractère libéral qui fait la richesse de notre système de santé.                 retour au sommaire
 
 
 2. Le vrai film des négociations conventionnelles de l’été….  
 
  Au menu, le secteur optionnel et les revalorisations tarifaires.
Réaffirmons le : l’UMESPE se bat pour un secteur optionnel accessible à tous, toutes spécialités et tous secteurs d’exercice. L’UMESPE ne pourra accepter un secteur optionnel qui ne serait ouvert qu’à certains exerçant en secteur 2, car cela équivaudrait en premier temps de l’enterrement du secteur 2. Nous ne soutiendrons le secteur optionnel que s’il est clairement placé dans une perspective de secteur d’exercice pouvant intéresser, à terme, tous les médecins spécialistes…. Les contours des propositions de l’UNCAM et de l’UNOCAM sont connus : un minimum de 30 % d’actes en tarif opposable, et un maximum de dépassement à 50 % en contrepartie d’une prise en charge partielle des charges sociales au prorata. Cette base de discussion doit être précisée quant à son accessibilité, quitte à mettre en place un système étalé dans le temps, mais d’emblée accessible aux deux secteurs d’exercice actuel.
Les revalorisations tarifaires (C = 23 euros et revalorisations des spécialités cliniques) doivent être précisées dans les négociations à venir. Mais les caisses mettent peu d’empressement pour aboutir rapidement à un accord monétaire, argumentant d’une situation économique difficile. Il faudra encore aller arracher ces revalorisations en particulier pour les spécialités cliniques. Mais notons avec satisfaction qu’elles ont été clairement identifiées et priorisées dans le point d’étape signé par la CSMF.               retour au sommaire
 
 
 
 3. Dépassements d’honoraires toujours au pilori.   
 Large dossier dans la presse avec carte des dépassements d’honoraires, enquête d’opinion, exemples montrés du doigt, courrier des lecteurs etc…. Pas un jour où les compléments d’honoraires ne sont montrés du doigt et le discours largement diffusé de l’accessibilité aux soins mis à mal par ces dépassements.
La réalité est plus complexe : s’il y a complément d’honoraires, c’est bien parce que les tarifs opposables du secteur 1 ont été longtemps insuffisants. Il faut reconnaître que certains  tarifs ont été revalorisés grâce à la CCAM. Mais, surtout, les compléments d’honoraires sont souvent modérés et raisonnables. Certains excès sont, il est vrai, difficiles à défendre dans le contexte économique actuel…..
La réponse ? La création rapide d’un secteur optionnel accessible à tous. Si cette négociation conventionnelle échoue, on peut craindre des mesures drastiques de limitation que prendrait le pouvoir politique…..                                                       retour au sommaire
 
  
  
 4. La sécu à l’économie.  
 Le projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale, qui sera présenté à la fin du mois, constituera certainement un nouveau tour de vis : on annonce 2 milliards d’économies ! Et le retour à l’équilibre en 2011…. Différentes mesures avec quelques recettes nouvelles (taxation de l’intéressement et de la participation, transfert sur la branche accidents du travail…). Mais également la taxation des mutuelles (1 milliard) et des baisses de tarif (on cite encore la radiologie et la biologie….). Bref, des mesures qui ne toucheraient que la médecine de ville ou presque puisque l’hôpital ne serait visé qu’à hauteur du 10ième des économies !.... Le tout dans un climat morose avec une croissance maintenant négative constatée au deuxième trimestre (- 0,3 % du PIB) ; on annonce 1 % seulement de croissance en 2008, ce qui ne devrait guère permettre d’améliorer le pouvoir d’achat des Français, globalement en recul. Perspectives bien sombres.
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 5. Les cliniques en meilleure forme !.....  
 C’est le résultat des statistiques de la DREES (Ministère) sur la rentabilité économique des cliniques : le chiffre d’affaires a augmenté en 2006 de 7 % (9,4 % en 2005) et la marge nette s’est établie à 3 % en 2006 contre 3,3 en 2005. Les établissements qui s’en sortent le mieux : les grandes cliniques (CA supérieur à 12 millions d’euros), les établissements de dialyse ( 8, 8 % de bénéfice) et des chiffres autour de 4 % pour la médecine et la psychiatrie. Seule la chirurgie ne donne un résultat que de 1,4 %. C’est pourtant l’activité principale de l’hospitalisation privée….
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Dr. J-P. ORTIZ
Secrétaire Général
   

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